Médias

Émission Passionnément
sur RCF St Etienne diffusée le 28 mai 2018

Une interview de 20 mn sur l’exposition Plumes & poils à écouter ici

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Programmation culturelle de l’Association Aldebertus avec l’exposition à venir au Prieuré de St Romain-le-Puy du 1er au 24 juin 2018.

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Article sur le site de la galerie Sonia Monti

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Trois pages sur le magazine C’est de l’art

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L’interview complète :

Bonjour, pourriez-vous vous présenter ?

Bonjour, avec plaisir. Eve, âme sensible, graphiste et maman. Je suis née dans un petit village d’Aveyron, entouré d’une nature sillonnée de chemins que j’ai parcourus toute mon enfance. Il y avait là une famille de la terre et des animaux familiers.

Attirée très jeune par l’image, la création sous toutes ses formes, j’ai concrétisé un premier rêve intégrant l’École des Beaux-Arts de Toulouse et en étudiant un semestre à l’Académie des Beaux-Arts de Cracovie. Diplôme en poche, j’ai travaillé pendant 2 ans dans une agence de communication à Rodez avant de m’installer comme graphiste freelance dans la Loire, activité que j’exerce toujours, centrée sur le numérique, la photographie et le texte. Revenir à un support physique, avec des textures, des odeurs, des images qui nous enveloppent, est devenu un besoin, une source de liberté. Il me faut des voyages, pour le corps et pour l’esprit.

Pourriez-vous nous raconter vos premiers pas en tant qu’artiste ?

J’observe et je dessine, aussi loin que je me souvienne. J’ai essayé beaucoup de techniques, n’osant aborder celle que je trouvais la plus noble : la peinture à l’huile. L’appréhension, le doute m’ont longtemps freinée. Il m’a fallu beaucoup de temps avant de céder à la terrible envie de m’y plonger. J’ai trouvé un atelier dirigé par une artiste adorable, Véronique Peytour, qui m’a aidée à prendre confiance en moi. Il a fallu du courage pour entreprendre ce voyage-là.

Le vent me porte depuis, les rencontres aussi. L’envie de partager au-delà des murs de l’atelier s’est vite faite sentir, elle dormait là depuis toujours. Toucher les gens, les faire réagir, partager des idées et des émotions m’encourage à toujours me dépasser, prendre des risques. La création est une remise en question permanente, ma progression vient essentiellement de ces rencontres, de l’envie de découvrir un horizon plus large et de m’y projeter.

Que représentent pour vous vos tableaux ?

Ils sont un cheminement, la trace d’un apprentissage permanent, une ouverture sur le monde et le choix d’un regard particulier sur celui-ci, un hymne à la beauté de la nature.

Toutes les formes d’art me touchent mais la peinture, en particulier à l’huile, m’a toujours fascinée, émue. Elle laisse une trace dans le temps. C’est grâce au talent des peintres que nous avons des images du passé, une iconographie détaillée de l’Histoire, au travers des portraits, des scènes de vie, les officielles et les intimes. Les peintres ont tenu un rôle majeur pour cette mémoire collective. Aujourd’hui d’autres media ont pris le relai, et si la peinture réaliste s’est libérée de cette responsabilité historique, il me semble que tenir un pinceau me lie à cette histoire, peindre reste pour moi un engagement – bien que sans prétention – dans le partage et la transmission de valeurs et de savoir.

Vos sujets et couleurs préférés sont-ils liés à du vécu ?

Après quelques explorations, le thème des portraits d’animaux est apparu comme une évidence. Puis un sujet en appelle un autre, sans forcément de lien apparent. Il y a un rapport docile, tendre et attachant dans le fait de les peindre, c’est comme une caresse. Ma première influence est celle d’un peintre, André Vayssade, davantage connu pour ses illustrations. Un portrait de chat trônait dans son salon, une fraise en dentelle blanche autour du cou. Ce tableau, de petite taille et encadré dans un large cadre classique or qui le rendait plus précieux encore, m’a toujours fascinée par sa précision (le motif de dentelle était spectaculaire) et son humour. Ensuite c’est un tout, j’aime la littérature, le cinéma et la musique, ma peinture n’est pas intellectualisée, elle est plutôt le résultat d’un lâcher-prise, une compilation des émotions qui émanent de la culture dont je m’entoure, plutôt romantique.

Au départ, il y a le choix d’un animal en particuliers, une personnification, un aspect anatomique ou symbolique qui m’intéresse, ce peut aussi être le fruit du hasard, une image qui m’interpelle. J’étudie les détails et cherche les moyens de retranscrire ce qui fait la force de l’image. Le choix de la couleur est davantage inhérent à mon état d’esprit du moment, l’envie de travailler des nuances froides, des teintes chaudes, une couleur vive ou sombre, ces choix sont plutôt révélateurs de mon humeur.

J’ai une affection particulière pour les animaux. Ils peuvent être à travers ce travail un reflet de nos propres sentiments et émotions. Le fait de confronter ces représentations à des spectateurs donne des réactions variées, parfois étonnantes. Je m’aperçois aussi à quel point nous les connaissons généralement peu.

Est-ce qu’il y a une différence entre l’imaginaire et les techniques des artistes-peintres hommes et femmes ?

La reconnaissance des artistes femmes est inexistante, à de rares exceptions près, jusqu’au 20ème siècle. C’est dans les années 70 que des femmes s’engagent contre cette profonde inégalité par leur production artistique. Leur élan est féministe, leur art une révolte. Annette Messager, Orlan, Nil Yalter ou encore Nicky de Saint-Phalle notamment ont acquis une immense notoriété. Mais la réussite de quelques-unes ne masque pas le constat que le travail d’un grand nombre de femmes, notamment celles qui ont déjà œuvré depuis plusieurs décennies, demeure encore méconnu du grand public. Le pourcentage d’œuvres de femmes dans les collections publiques est très réduit : quatorze pour cent seulement de la collection entière du Musée

National d’Art Moderne, pour ne citer qu’un exemple. Les artistes femmes qui figurent dans les ouvrages sur l’histoire de l’art, y compris l’histoire de l’art contemporain, sont également peu nombreuses.

Pourtant ces femmes ont créé une légitimité à l’artiste féminine et une vraie place sur le marché de l’art. Je suis consciente de cet héritage et de cette liberté et de cette visibilité acquise, même si on devrait la considérer comme normale.

« Y a-t-il un art typiquement féminin ? Au premier abord on est tenté de dire oui, mais n’est-il pas illusoire de croire qu’on est capable de repérer une œuvre produite par une femme ? Cela ne repose-t-il pas plutôt sur des préjugés ? Le fait d’être peint par une femme ou un homme ne change certes rien à la qualité ou la médiocrité intrinsèque d’une œuvre d’art, mais pendant longtemps elles ont été jugées différemment. Il n’y a pas d’imagerie spécifiquement féminine dans l’art, aucune particularité stylistique n’est attachée à l’œuvre des femmes si ce n’est celle de la condition féminine propre à leur époque. Pas de délicatesse de la touche ni d’utilisation de couleurs pastel comme on le dit si souvent à tort. » Extrait de http://www.femmespeintres.net

Votre parenté artistique est-elle influencée par des artistes ?

De façon plus ou moins consciente, bien sûr. Il y a les peintres qui m’influencent par leur façon de peindre, d’autres par leurs choix de sujets, leurs obsessions pour un thème, leur créativité, leur engagement ou pour qui j’ai simplement une immense admiration : Eugène Delacroix, Auguste Renoir, Gustav Klimt, Caravage, Ingres, Egon Schiele, Pablo Picasso, Salvador Dali, Edward Hopper, Ernest Pignon Ernest, Yayoi Kusama, Henri de Toulouse Lautrec, Ousmane Saw et bien d’autres.

Si j’ai beaucoup de leurs œuvres en tête, j’essaie de développer mes propres techniques, de travailler de façon rapide, spontanée, dans un style sobre, sans épaisseur et sans fioriture.

Quel est l’apport de vos activités artistiques à votre vie, peut-on concevoir la peinture comme une « pratique de soi », voire un mode libérateur qui permet de s’épanouir et d’être vous-mêmes ?

J’exerce un métier d’image, de communication où, si je suis assez libre de ma création, je suis bordée de contraintes de budget, de temps, de supports et de sujets. La peinture s’exerce sans autre cahier des charges que celui je me fixe moi-même. Outre cet équilibre contrainte/liberté que ces deux activités me procurent, la peinture est également une forme de méditation, il faut trouver le bon moment pour peindre : une bonne lumière, une ambiance propice à la concentration, un état d’esprit paisible et déterminé. Ensuite, il y ce temps de présence concentrée sur l’analyse, la réflexion et l‘action qui me coupe du monde tout en me ramenant très concrètement à lui.

Quel tableau voudriez-vous voir illustrer cette interview et pourquoi ?

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Krokmote

C’est un portrait de poule à crête, une grise du Vercors, qui s’appelle Krokmote, sur une toile d’un mètre sur un mètre. La poule nous a été offerte par un excellent ami, baptisée par mes deux enfants. Elle a vécu quelques semaines tout près de nous avant de rejoindre le poulailler dans le jardin, continuant à recevoir une foule de câlins par ma fille. J’adore la regarder, je la trouve très belle, très élégante avec son air terrible.

Je l’ai peinte rapidement, en un seul passage. C’était très agréable de poser ces teintes vives, pleines d’énergie et de gaité. Cette toile m’a amenée à intégrer plus de couleurs dans mon travail. Je trouve aussi très drôle d’avoir ma poule dans mon jardin et son portrait dans la galerie de Sonia Monti à Paris. J’espère que cette toile trouvera un bel endroit pour poursuivre sa route et faire sourire ceux qui la regardent.

Quel est le regard de l’artiste-peintre sur sa peinture ?

Je suppose que chaque artiste a son propre regard sur sa peinture, lié à son caractère, à son histoire, c’est de l’ordre de l’intime.

Pour ma part, ce n’est que rarement un regard satisfait, je vois davantage ce qu’il y a à améliorer que ce qui est réussi, en essayant de rester objective et constructive. Quand je regarde les plus anciennes, c’est un peu comme regarder des photos de vacances, ça me replonge dans l’ambiance du moment, la musique que j’écoutais, les événements qui me portaient, les questions que je me posais et ce que j’ai appris. J’ai aussi, je dois bien l’avouer, un peu de fierté quant au parcours qui m’a amenée là, fruit de rencontres et de séparations, de travail, de chance, de questionnements et quand même, d’un peu de courage.

Propos recueillis par Rebai

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